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Vers une stratégie digitale éco-responsable

Être un communicant engagé est un défi de taille. Comment prôner des valeurs de respect de l’environnement alors que l’on prend part quotidiennement à la pollution numérique ? L’une des clés pour y répondre : tendre vers une stratégie digitale éco-responsable.

Le numérique représente 4 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 1,5 fois plus que le transport aérien. Ces émissions sont dues pour moitié au fonctionnement d’internet : transport et stockage des données, fabrication et maintenance de l’infrastructure du réseau…. L’autre moitié est liée à la fabrication des équipements informatiques.

Alors comment changer la donne, à notre niveau ? Tour d’horizon des solutions avec, en fin d’article, la check-list complète à télécharger !

Un site web éco-conçu

Commençons par la base de la stratégie digitale : le site web. L’éco-conception est aujourd’hui proposée par nombre de prestataires, avec un site peu énergivore dans son utilisation et hébergé sur des serveurs verts. Ces hébergements dits écologiques sont en fait dotés de systèmes de compensation des émissions de carbone.

Si vous avez choisi de réaliser vous-même votre site, sachez que quelques astuces vous permettront de réduire votre impact :

  • Créer un site sobre, au design épuré, avec une nombre limité de pages.
  • Supprimer les fonctionnalités inutiles, gourmandes en énergie, telles la Google map, les carrousels, ou encore les vidéos en autoplay.
  • Compresser ses images avec Caesium Image Compressor (logiciel libre) ou compressor (outil en ligne).
  • Utiliser un thème économe sur wordpress, comme Generatepress. En plus d’être accessible et rapide, il propose un code et une empreinte carbone ultra-légers !

Pour tester votre site et connaître les points d’amélioration en matière d’impact, rendez-vous sur Ecoindex.

La sobriété numérique sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux font partie intégrante de votre stratégie inbound marketing. Pour autant, il est judicieux de se poser les bonnes questions et d’investir ses efforts sur un ou deux réseaux fréquentés par votre communauté. En plus d’économiser du temps, vous allez vous concentrer sur votre audience et consommer moins d’énergie. Et oui, les réseaux sociaux ont aussi un impact considérable sur l’environnement !

Pour information, Facebook, également propriétaire d’Instagram, s’est engagé il y a quelques années dans une démarche verte. Le géant américain affirme avoir réduit de 59% ses émissions de CO2 par rapport à 2017. C’est loin d’être le cas pour Pinterest ou Twitter, qui se fournissent en énergie verte respectivement à 17 et 10 %. Linkedin a quant à lui investi dans centres de données durables.

Parlons également de Youtube, le plus corsé. Les vidéos en ligne représentent en effet 1/5 des émissions de GES du numérique. Alors comment publier sur la plateforme tout en prônant une conscience écologique ? The shift projet, le think thank de la transition carbone, propose un guide pour réduire le poids d’une vidéo de 60 % à 90 % sans perdre en qualité. Il conseille aussi d’installer l’extension de navigateur “Carbonalyser” pour tester votre impact en postant ces vidéos.

En matière de contenus, sur votre blog ou sur les réseaux sociaux, la sobriété numérique semble être le meilleur compromis pour aller vers une communication responsable et une stratégie digitale éco-responsable. Des contenus froids à valeur ajoutée auront une durée de vie supérieure, là où les contenus “snack” des réseaux sociaux peuvent être publiés avec modération. Réfléchir avant d’agir sera votre meilleur allié pour déterminer des canaux de diffusion et des fréquences de publications raisonnées. Un message pertinent, des contenus optimisés et adaptés, vaudront toujours mieux qu’une communication 360° sans réel fondement !

Pour aller plus loin, on s’attaque dès maintenant à la conception de sa stratégie éditoriale !

La gestion des mails pour une stratégie digitale éco-responsable

Ah, la campagne e-mailing ! Un canal marketing plébiscité, mais aussi très polluant. Quand on sait qu’envoyer 20 mails par jour pollue autant que parcourir 100 km en voiture… Ça fait peur. Alors, comment s’y prendre ? Votre newsletter doit avoir un objectif précis et une fréquence raisonnable. Bannissez les pièces jointes et minimisez le nombre de visuels. Et surtout faites bien apparaître le lien de désinscription. Pensez à nettoyer régulièrement votre liste d’abonnés, en ne conservant que les utilisateurs actifs. C’est toujours un peu dur de supprimer des adresses de sa base de données. Pourtant, vous n’avez pas besoin d’une grosse quantité de prospects mais d’un listing de qualité !

Votre boîte mail doit bien sûr faire l’objet d’un nettoyage régulier. Ce conseil vaut aussi pour votre cloud ! Pour éviter l’envoi de pièces jointes, on opte pour des serveurs de dépôt temporaire, où les données seront effacées après quelques jours.

Des usages éco-responsables au quotidien

Au quotidien, on peut aussi appliquer des gestes simples pour réduire son impact écologique. En premier lieu, bien choisir son navigateur. Là où Firefox utilise 49 mWh d’énergie pour 13 Mo de mémoire, Chrome consomme 75 mWh d’énergie et 61 Mo de mémoire !

Idem pour les moteurs de recherche. Citons Ecosia, négatif en carbone, et qui reverse une partie de ses revenus à la plantation et à la protection des arbres. Lilo, moteur français et solidaire, reverse également une partie de ses revenus, cette fois-ci pour des projets à impact positif.

Si Google reste le moteur le plus puissant et le premier sur le marché, il est le plus gros pollueur en matière de numérique. L’entreprise s’engage cependant à faire fonctionner ses centres de données sans carbone d’ici 2030. Pourquoi ne pas décider d’utiliser Google au travail, mais un moteur plus responsable à la maison par exemple ?

Pour réduire votre impact, vous pouvez également :

  • Contourner les moteurs en tapant vos recherches directement dans la barre d’URL.
  • Conserver vos adresses préférées dans vos favoris.
  • Éviter d’ouvrir 15 onglets à la fois (gros défi pour moi !)
  • Limiter les extensions de votre navigateur, souvent énergivores.
  • Vider le cache de votre navigateur, ou faire des recherches en navigation privée, ce qui réduira considérablement votre impact.

Sur votre smartphone, préférez le wifi à la 4G, qui consomme 23 fois plus d’énergie. Pour mesurer l’impact de vos applications, utilisez l’outil de Greenpeace Clickclean. Surprenant de savoir si vos applis préférées tournent aux énergies propres ! Pensez aussi au mode économie d’énergie, très puissant sur votre smartphone ou votre tablette.

Enfin, les incontournables :

  • Éteindre son écran,
  • Désactiver le wifi la nuit,
  • Choyer ses équipements pour ne pas les remplacer chaque année
  • S’octroyer des plages horaires sans internet. On a tendance à être accro à cet outil révolutionnaire, sans forcément s’imaginer combien il est néfaste pour notre environnement. Si vous souhaitez calculer votre empreinte écologique, rendez-vous sur le calculateur du Global Footprint Network. Vous pouvez aussi télécharger l’application WAG et choisir les actions pour réduire petit à petit votre empreinte !

Plusieurs outils et astuces sont aujourd’hui à votre portée pour tendre une stratégie digitale éco-responsable. Petit à petit, à la mesure de ses moyens et de ses convictions, on peut tous opter pour certains éco-gestes en matière de communication et surtout les faire connaître autour de nous !

Vers une stratégie digitale éco-responsable

Bonus : les ressources à votre disposition pour une stratégie digitale éco-responsable

L’ADEME a mis en ligne un site sur la communication responsable, avec une rubrique complète dédiée au digital responsable. L’agence de transition a également publié un guide “La face cachée du numérique”, disponible en ligne.

Le collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires rassemble des structures proposant des services en ligne libres, éthiques et décentralisés : mail, cloud, partage de fichier…

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